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    2/28/2006

    Passé

    Une fille assumant ses envies sexuelles ne sera jamais qu'une salope, un homme faisant de même étant un don juan... Ceci n'étant pas, loin de là, la seule inégalité entre les sexes, je ne m'y attarderai même pas. D'autant plus que j'assume mon passé autant que mon présent.
     
    Mais parfois, j'aime à croire que si le souvenir que j'ai laissé à mes rencontres d'un soir n'est pas impérissable, il est au moins agréable, à l'image de cette chanson de Goldman, "Filles faciles"
     
    J'ai une tendresse particulière
    Pour ces filles qui n'ont pas d'manières
    Les hospitalières, les dociles
    Vous les appelez les filles faciles
    Celles qui marchandent pas leur corps
    Ni pour des mots ni pour de l'or
    Pour qui faut pas tout un débat
    Ni pour leur haut ni pour leur bas
    Pour quelques notes de guitare
    Elles dormiront un peu plus tard
    Elles disent que les matins c'est bien
    Elles disent qu'à deux, c'est encore mieux
    Les inespérées, les timides
    Celles qui comprennent sans qu'on leur dise
    Pour qui ne suffit qu'un regard
    Pour que tout s'allume en un soir

    Petite chanson d'reconnaissance
    Pour ces stars d'mon adolescence
    Je n'en ai oublié aucune
    Chères et précieuses une à une

    Celles qui m'ont trouvé consommable

    Avant que j'sois dans les hit-parades
    Dans les bals ou les MJC
    Comme au plus haut des colisées
    Celles qui n'échangent pas leur plaisir
    Pour ce qu'on pense ou c'qu'on va dire
    Qui disent OK pour les enfers
    Contre un peu d'paradis sur terre
    Des p'tits moments piqués en fraude
    Comme un automne aux pays chauds
    Plein du goût des baisers volés
    Toujours un p'tit peu plus sucré
    Sans qu'on en parle ou qu'on y pense
    Sans après promis ni juré
    Ça n'a pas la moindre importance
    Quand c'est l'amour
    qu'on aime aimer

    Ce soir, je veux leur rendre hommage
    Ce sera la seconde fois
    Qu'elles sachent qu'il m'est dommage
    De ne le faire que par la voix
     
    2/27/2006

    Coin Couac

    Je refuse de virer dans la psychose. Et je rigole plus qu'autre chose quand je vois un gamin de 5 ans hurler au bord du lac "des canards!! attention à la grippe aviaire!!" (il avait l'air plus informé que moi le bonhomme). Je n'ai jamais expliqué à Jadentiz qu'ils ne devaient pas toucher un oiseau mort (selon ma mère ce n'est qu'un exemple de plus de mon inaptitude de maman). Je mange de la volaille si je veux (et j'aime bien savoir que le poulet que j'ai dans mon assiette a été élevé en plein air). Pis en plus, je regarde pas les infos donc je m'en fous un peu on va dire parce que je sais à peine de quoi on parle là...
     
    Enfin... Un canard a été retrouvé à 1 km de chez moi. Raide mort. Emmené j'imagine par des gens dans des habits de spationautes que même qu'on s'demandait comment ils voyaient à travers leur masque... D'toute façon, à chaque fois qu'il y a de l'animation dans mon bled, c'est pour une catastrophe...
     
    Peut être que les journaux Suisse titreront demain comme ils l'ont fait y a une semaine "grippe aviaire dans l'ain, Genève ne craint rien". Je reverrai peut être aussi la petite dame à l'arrêt de bus qui m'expliquera qu'on peut continuer à donner notre pain sec aux canards du Léman à Genève mais plus à Thonon. Parce que "Oui c'est l'même lac, mais pas le même pays!"...
     
    2/26/2006

    Dernière représentation...

    Je les ai suivis pendant un an en répétition et en représentation sur "court sucré ou long sans sucre"... Et ils ont joué cette pièce pour la dernière fois. Avec toute leurs tripes, leur volonté, leur qualité et défauts d'amateurs.
     
    Une page se tourne, laissant en souvenirs les heures d'apprentissage de texte, de répétitions, de représentations, de trous de mémoire, d'improvisation, de fous rire sur scène, d'engueulade aussi...
     
    Une autre page arrive, une autre pièce, la même troupe mais avec un acteur en moins... Il va falloir écrire sur cette page vierge tout ce qui sera semblable à la précédente, et aussi tout ce qui la différenciera.
     
    En fait la vie, c'est comme une pièce de théâtre... On rit, on pleure, on répète des scènes qui sont des fiascos, on improvise d'autres passages qui sont des bonheurs... On finit une pièce et on recommence une nouvelle...
     
    Je n'ai pas demandé leur accord, aussi, vous m'excuserez de ne publier ni leurs photos ni leur affiche...
     
    2/23/2006

    Jeu

    Suite à ma crise de plombage de moral général d'hier, je vous propose de visiter un blog ami pour jouer au quizz musical.
     
    C'est par là -> 
     
    Frède mérite +3 points pour la pub non??...
     
    2/22/2006

    22 février 1999

    "Papa, toi qui as toujours voulu nous faire grandir, tu aurais pu trouver un autre moyen"
     
    Juste une déclaration à faire, debout face à un cercueil. Je ne m'en suis pas sentie la force, ma soeur s'est avancée, a commencé à parler, et fini en larmes. Moi je n'étais déjà plus là, je sombrais face à cette croix ridicule plantée dans le sol. Un nom, deux dates... Une tombe parmi tant d'autres mais avec à l'intérieur la personne à qui je devais la vie alors même que j'avais été incapable de sauver la sienne.
     
    Et si ce matin là je l'avais emmené chez le médecin au lieu de le laisser là, me rassurant sur le fait qu'il était fort mon Papa... Et si j'avais senti que c'était la fin... Et si j'avais su que je serais la dernière à le voir vivant... Il m'a dit "si tu veux boire un verre, sers toi sinon sauve toi je vais me reposer"... Je l'ai laissé se reposer, pour l'eternité...
     
    Mais ce soir là, il avait fallu que je parte en catastrophe, suite à un appel de ma soeur. J'ai laissé Jade en lui disant que Papy avait mal à la tête et qu'il fallait que j'aille le voir... Le voir... Allongé sur le sol, sous un drap. Le lendemain, ma puceronne de 2 ans et demi me dit au reveil "papy l'a plus mal à la tête?". Non, papy n'avait plus mal à la tête, son coeur avait lâché, brisant le mien à tout jamais.
     
    Une absence insupportable, une douleur qui restera à vie et des larmes qui jamais ne sécheront. Et le temps n'arrange rien à l'affaire... 7 ans n'ont rien atténué... 
     
    2/21/2006

    Boite

    Bien sûr il faut ne pas confondre les toilettes et les back-rooms.
    Et n'avoir aucun problème face à la vision de 2 (3 ou 4) mecs qui s'embrassent goulûment.
    Pis ne pas chercher à connaître le sexe de certaines personnes à l'androgynie tout simplement parfaite.
     
    Mais au moins une femme peut en tout quiétude discuter avec un mec sans qu'il pense la ramener illico dans son lit; et l'homme en question ne risquera pas de se faire démonter la tête par un type en furie justifiant d'un droit de propriété sur la fille. On dirait pas comme ça, mais j'vous jure qu'on pourrait sacrément en apprendre aux hétéros concernant la drague...
     
    L'ambiance y est détendue et amicale, peut être faussée par certaines dérives du monde de la nuit mais qu'importe. Pouvoir, pour quelques heures, se lâcher au milieu d'une piste avec une tenue vestimentaire et un comportement que jamais ô grand jamais je n'aurais à l'extérieur.
     
    Il parait qu'on est dans un ghetto... Ben c'est un ghetto que j'aime bien...
     
    2/20/2006

    Télépathie

    Elle est pas là, pas physiquement auprès de moi mais je la sens, je l'entends, je la respire... N'importe quoi va me faire penser à elle: une page web, une musique, une odeur, une citation... Parfois je m'arrête, le stylo en l'air, un sourire au coin des lèvres, le regard dans le vague. Si on m'interroge, je vais dire que je pensais à Jadentiz, ou à ma future voiture, juste pour ne pas dire, ne pas avouer que c'est elle qui occupe mes pensées, nuits et jours...
     
    Je sais qu'il en est de même de son côté, on en a déjà parlé. Je sais que si je pense à elle, elle pense à moi; que si je lui parle en pensée, elle m'entend et me réponds...
     
    Mon titre est faux, ce n'est pas de la télépathie, c'est juste de l'amour...
     
    2/19/2006

    Premiers Rendez Vous

    Avec 3/4 d'heures de retard, devant un café qui s'est révélé être fermé, à la descente d'un avion, à l'autre bout de la France... On se retrouve au croisement d'une rue, sur une place, après une longue attente, sous la pluie...
     
    On parle de cette toile qui nous a réunis, et sans laquelle malgré notre éventuelle proximité géographique, on ne se serait sans doute jamais connus. On sait déjà nos vies, nos amours, nos enfants, nos souffrances, nos echecs. On complète notre connaissance virtuelle faite de dialogues msn, échanges d'e-mail et lecture de blogs ou de forums par la réalité d'un sourire, d'un regard, d'un éclat de rire, le bonheur de trinquer ensemble, partager un long repas autour d'un immense barbeQ ou boire un simple café sans sucre.
     
    Internet ne recèle pas que des mytho pervers planqués derrière leur écran, il existe aussi (et j'aime à croire en majorité au vu des ces 4 "premières fois" auxquelles je pense) des personnes sincèrement amicales...
     
    Merci...
     
    2/16/2006

    Dommage...

    Le 21 mars, notre consentement mutuel fixera la garde des enfants chez moi et c'est tant mieux (pour eux, pour lui, pour moi).
     
    J'aurais juste espéré qu'après qu'il ne m'aime plus, après qu'il ait digéré mon homosexualité, après qu'il ait refait sa vie, il aurait eu un comportement un peu plus raisonnable et raisonné à mon égard et pour le bien de nos enfants. Il a été mon ami avant d'être mon mari, j'aurais bien voulu qu'il le redevienne. Mais sa perversité n'ayant d'égale que sa mauvaise foi, je lâche l'affaire. 
     
    2/15/2006

    Un boulot sympa...

    Philippe (mon cousin, hétéro divorcé pour s'assumer en tant qu'homo) est commercial pour une entreprise de service. A priori petit boulot sympa tranquille et sans trop de surprise. Sauf que la société qui l'emploie fournit notamment divers gadgets aux sex shops de Suisse. Et donc il doit faire le tour des différents endroits du canton pour vendre ses articles. Son pdg l'informe qu'avant de proposer ces produits, il doit avoir une formation. Forcément, ce cher Philippe hurle de rire à cette idée, se demandant bien ce qu'il pourrait apprendre concernant l'usage de sex toys (ben vi, on a tous dans la tête qu'on a tout vu-tout su, et que, au pire ,on n'est pas des crétins)
     
    Mais dans le catalogue d'objets divers et variés qu'il doit fournir, il a trouvé des "trucs" dont il a même pas la moindre petite ombre d'idée de l'usage. Et là c'est moi qui suis morte de rire, quand il m'explique qu'il a essayé sans succès de tout imaginer des perversions de ses futurs clients....
     
    Forcement ma curiosité est titillée là, va falloir que je passe chez lui pour lui donner un coup de main pour la compréhension, dans l'intérêt de son travail (et pour parfaire un peu ma culture...)
     
    Je m'arrête là, j'ai une réputation à maintenir...
     
    2/14/2006

    Les dossiers de l'écran

    Je sais que vous vous souvenez tous du générique de cette émission. Allez, avouez, vous aussi vous vous cachiez sous les couvertures parce que le simple pouvoir de cette musique vous donnait envie de faire pipi dans votre culotte hein??
     
    Je l'ai réécouté (oui, je suis maso).
     
    Première surprise, le morceau ne fait même pas 1 minute (57 secondes très exactement)... Alors pourquoi dans mes souvenirs de gosse ça durait des heures quand mon père mettait le son de la télé à fond le mardi soir??
     
    Deuxième surprise, en fait c'est vrai que c'est une très belle musique (envoûtante même)... Alors pourquoi elle m'a autant traumatisée étant gosse? Et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas.
     
    Allez-y, faites vous plaisir... :
     
    Un immense MERCI à Mr. Hulot pour cette nuit "générique-tv" qu'il m'a offerte...
     
    2/13/2006

    Jade

    Je viens tout juste d'arrêter de l'appeler "mon bébé" et d'accepter qu'elle aille seule au coin de la rue pour acheter du pain. J'ai du mal à écrire le nom de sa classe, je l'imagine toujours en CP. J'ai ressorti ses photos d'échographie, pour moi c'était hier et j'ai l'impression d'avoir accouché ce matin. Je dois bien le reconnaître, je ne l'ai pas vue grandir.
     
    Et pourtant...
     
    Elle joue les jeunes filles, veut se maquiller pour aller au restaurant, me demande déjà quand est-ce qu'elle aura droit à un piercing au nombril, s'habille comme une lolita, passe des heures à se regarder dans le miroir,  s'entraine à faire des clignement d'yeux derrière une mèche de cheveux qui tombe savamment devant son front, veut mettre des créoles de 7 cm de diamètre aux oreilles, et parle déjà régime et petits copains tout en me disant que samedi soir elle voudrait bien aller dormir chez sa copine!
    Elle commence à tester ma capacité de tolérance face à son insolence et squatte déjà le téléphone et le pc. Bien évidement, elle me regarde d'un air désolé quand j'ose lui proposer de regarder un dessin animé.
     
    Elle devient pré-ado, avec tous les soucis que cela implique. Notamment le fait que cela me fait passer du stade "maman adorée" au stade "mère qui comprend rien".
     
    Bien sûr je savais bien que ça arriverait un jour mais pas si vite! Elle a même pas encore 10 ans! 
     
    2/11/2006

    Julie est devenue Junkie

    Nous étions si proches étant enfants.
    Elle avait un visage rayonnant.
    Et elle était loin d'être bête.
    Entre notre première cigarette,
    Et nos petits flirts d'ado,
    On se confiait tous nos bobos.
    On a fait quelque conneries,
    Puis on a grandi, on a vieilli.
    Je voudrais tant de nouveau l'embrasser.
    Mais je n'ai jamais réussi à la retrouver,
    Dans les bas-fonds de sa ville. 
    C'est pourtant ma cousine.
     
    2/10/2006

    Différence

    Ce qui nous est différent, donc inconnu, nous effraie et nous avons une tendance naturelle à le rejeter. Et de là naissent tous les racismes, toutes les phobies, toutes les guerres de religion.
     
    Il faut un peu plus que de la tolérance pour ne pas juger et condamner ces différences comme des perversions, il nous faut un minimum d'intelligence pour comprendre, ou du moins essayer.
     
    Je me suis arraché les cheveux à tenter d'expliquer à .... (non j'vais pas vous dire qui...) que le transsexualisme n'était pas une maladie et que tous les traitements psychiatriques du monde ne sauraient la guérir. J'ai préféré arrêter. Pourtant je suis butée et j'aimerais tant faire évoluer les mentalités... Utopie quand tu nous tiens...
     
    C'est comment qu'on dit... Ah oui!! "j'parle pas aux cons, ça les instruit".
     
    2/9/2006

    Enzo

    A la naissance mon Fils était beau, grand, potelé... parfait.
    Lors de ses premiers mois, il n'a jamais gazouillé comme n'importe quel bébé le fait.
    Et à l'âge des premiers mots, lui ne s'exprimait que par des cris stridents.
    Vers 2 ans, il a ensuite "parlé" en ne mettant aucune consonnes dans ses mots. Ce qui donnait un "ohèhehahuhe" pour un "au clair de la lune". 
    Belle disait qu'il parlait comme un Télétubby, et c'était vrai...
     
    Je me suis battue contre son père, sa psychomotricienne et sa pédo-psy pour ne pas le sortir de l'école car les 3 voulaient le mettre en institut spécialisé un jour par semaine. Je me suis démenée pour leur montrer que mon fils n'était pas attardé et que n'ayant aucunes malformations physiques, il n'avait aucune raison de ne jamais parler comme n'importe quel enfant.
     
    Il a commencé à parler de manière à peu près compréhensible à presque 5 ans et avec le soutien bi-hebdomadaire d'un orthophoniste (qui va sans doute le suivre jusqu'à son adolescence). Aujourd'hui, il fait d'énormes progrès et mis à part des difficultés de prononciation (il ne sait pas dire U, il dit OU), il parle presque correctement.
     
    Hier il m'a fait le plus beau cadeau qu'il pouvait me faire suite à la confiance que je lui ai toujours fait concernant sa capacité à intégrer le langage. A table, Belle a dit "il est trop bon ce yaourt", Enzo a répondu "on ne dit pas trop bon, on dit succulent". 
     
    Merci Enzo...
     
    2/8/2006

    Culpabilité, encore et toujours...

    Je sais que je suis une maman.... comment dire... acceptable.
     
    Mais parfois ça me fait mal de voir tout ce que je loupe avec mes Jadentiz. Je n'ai pas connu leurs "vrais" premiers pas (ils étaient chez papa ou chez super-nounou). J'ai rarement participé à une sortie scolaire. Je ne suis pas là les mercredis après midi pour les emmener au judo, au parc ou chez la petite copine. Je les laisse chez la nourrice pendant les vacances scolaires. Je peux juste les avoir avec moi 3 petites semaines en été. Je n'ai jamais le temps pour regarder un film avec eux, faire un bricolage. Et quand je fais à manger, il est trop tard pour les associer à la préparation du repas. Et tout cela depuis qu'ils ont chacun deux mois et demi.
     
    Je bosse, je bosse et je bosse. Par choix parce que je n'ai nullement la vocation (ni le courage) d'être maman au foyer. Par devoir parce que je me dois d'assumer mes enfants seule (et je m'en fait une fierté personnelle). Par envie parce que j'aime mon travail. Mais quand à 16.00 je quitte le bureau et que j'entend Big Boss me dire "ah bon tu pars déjà?" alors que c'est l'horaire inscrit sur mon contrat de travail, que j'ai du boulot qui m'attend à la maison et qu'il me faut 3/4 d'heure pour rentrer chez moi, j'aurais envie de tout envoyer promener (à commencer par ce cher Big Boss) pour pouvoir, au moins une fois dans ma vie, m'occuper à plein temps de Jadentiz et n'avoir par la même occasion plus qu'un travail (et pas des moindres...): celui de Maman.
     
    2/7/2006

    Déjeuner "d'affaires"

    Je dois savoir remercier pour les compliments purement physiques tout en étant capable de mettre le holà quand cela se transforme en tentatives d'approche un peu trop intime. Et c'est parfois tout un art de recentrer dans un cadre purement professionnel un dialogue qui part sur du domaine privé.
     
    Il me faut constamment montrer aux chers Messieurs qui constituent les 99.9% de mes contacts professionnels que je ne suis pas la maîtresse de mon boss mais bien (et uniquement) son assistante. Je suis peut être charmante et courtoise, je n'en reste pas moins leur cliente ou fournisseur en industrie pétrolière et mes compétences s'arrêtent ici à leur niveau.
     
    Je n'ai pas 30 ans, je suis au milieu d'hommes qui ont parfois l'âge d'être mon père et qui ne voient pas en moi une femme capable de comprendre leur jargon technique, mais une femme tout court (c'est à dire restreinte à ne même pas trouver un crick dans une voiture pour changer une roue). Les matins précédents ce style de rendez-vous, je potasse mes dossiers à mort, je m'en voudrais d'hésiter sur la puissance d'un générateur ou la capacité d'une grue. Les après midi suivantes je me dis que finalement, je m'en sors au milieu de la fosse au lion...
     
    Allez je vous laisse, y a 3 grands bruns qui m'attendent dans mon bureau...
     
    2/6/2006

    Traumatisme

    Sa violence était morale, psychologique, verbale... physique aussi. En deux ans, il a détruit, outre la moitié de mon appart, ma vie et ma naïveté. Il m'a fallu du temps pour me reconstruire, réapprendre à (m')aimer, ne plus avoir peur, ne plus me justifier, vivre, tout simplement. J'ai rééquilibré ma vie avec malgré tout toujours cette blessure au fond de moi, cet accroc laissé par lui. Je n'ai jamais oublié, j'aurais sans doute à vie ces angoisses qu'il m'a laissées, ce réflexe de peur dès que j'entends du bruit ou des cris à la maison. Je lui en veux de ces deux ans d'enfer. Lui ai-je souhaité du mal? Oh sans doute, comme une vengeance pour moi qui n'étais pas même capable de lui hurler ma haine, alors même que je l'aimais. Sans doute ai-je même espéré qu'il meure en le quittant, après bien des larmes, des cris et des coups. Je lui ai intérieurement souhaité l'enfer qu'à mes yeux il méritait.
     
    Et je l'ai revu, par hasard au détour d'une rue. Moi pimpante, gaie et la tête haute; lui anéanti, triste et assis par terre. Le choc de le voir dans cet état a annulé toute rancune. J'aurais voulu l'inviter à boire un café, à rentrer un peu au chaud, à recevoir ne serait-ce qu'un peu de chaleur humaine... J'aurais voulu mais j'ai pas pu... Je suis restée là, à le regarder, et je suis repartie, la tête rentrée dans les épaules, les yeux baissés, pour qu'il ne me voit pas, pour qu'il ne puisse me reconnaître... Parce que même dans cet état de loque humaine avec sa main tendue implorant l'aumône, il m'a terrorisée...
     
    2/2/2006

    Sens

    A la base je voulais rester une anonyme parmi tant d'autres sur la toile; cela m'aurait permis de raconter plus de choses sur mon passé, mais il aurait fallu alors que je change (au minimum) les prénoms des Jadentiz et j'aurais eu l'impression de les trahir.
     
    Vous savez pas mal de choses sur moi, je me raconte à des gens que je ne connais pas ou peu. Et concernant mes amis qui lisent ce blog, ce sont toutes des personnes que j'ai connues d'abord sur internet (je réflechis, je voudrais pas vexer quelqu'un...). Ma mère, ma soeur, mon ex... ne sont pas au courant de l'existence de cet endroit (à moins qu'ils aient eu un jour l'idée de taper "jadentiz" dans un moteur de recherche mais je pense qu'ils me seraient déjà tombés dessus pour les horreurs que je peux dire sur eux.) Il y a peut être un léger coté exhib' à étaler ainsi ma vie et donc, comme me l'a dit une cyber-copine, un coté voyeur de la part des personnes de l'autre coté de l'écran. Mais c'est le principe même d'un blog perso.
     
    Et puis bien évidement, je raconte aussi ce que j'ai bien envie de dire, je garde un minimum d'indécence à ne révéler qu'à certain(e)s. Le risque étant que je m'essouffle bien sûr. Mais vu que je n'ai pas envie de m'arrêter, ben... je vais continuer à vous raconter ma vie. Dommage pour vous...
     
    2/1/2006

    Retour en Amnésie.

    Chanson pour les enfants l'hiver

    Dans la nuit de l'hiver
    Galope un grand homme blanc
    Dans la nuit de l'hiver
    Galope un grand homme blanc
    C'est un bonhomme de neige
    Avec une pipe en bois,
    Un grand bonhomme de neige
    Poursuivi par le froid.
    Il arrive au village.
    Voyant de la lumière
    Le voilà rassuré.
    Dans une petite maison
    Il entre sans frapper ;
    Et pour se réchauffer,
    S'assoit sur le poêle rouge,
    Et d'un coup disparaît.
    Ne laissant que sa pipe
    Au milieu d'une flaque d'eau,
    Ne laissant que sa pipe,
    Et puis son vieux chapeau.

     

    J’avais juste envie de remettre ici cette poésie, que j’ai moi-même apprise à l’école et que Jade doit savoir pour son contrôle de demain. Elle a ouvert de grands yeux quand, après une relecture, je lui ai récité par cœur. Certaines choses nous marquent dans notre enfance, moi ça a été Jacques Prévert…

    C’est beau d’avoir des enfants, ça nous ramène à notre propre enfance, et mis à part le coup de vieux inévitable, c’est source de bien des souvenirs de petits bonheurs…