Frède's profile☼ Frède ☼PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    2/2/2007

    Nouveau Blog...

     
    Champagne!!!
     
    La nuit promet d'être belle
    Car voici qu'au fond du ciel
    Apparaît la lune rousse.
    Saisi d'une sainte frousse,
    Tout le commun des mortels
    Croit voir le diable à ses trousses.

    Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage
    Et vous, pages pervers, courrez au cimetière.
    Prévenez de ma part mes amis nécrophages
    Que ce soir, nous sommes attendus dans les marécages.

    Voici mon message :
    Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires
    Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire.

    Lutins, lucioles, feux-follets, elfes, faunes et farfadets
    Effraient mes grands carnassiers.
    Une muse un peu dodue me dit d'un air entendu : " Vous auriez pu vous raser. "
    Comme je lui fais remarquer deux-trois pendus attablés
    Qui sont venus sans cravate,
    Elle me lance un œil hagard et vomit sans crier gare quelques vipères écarlates.

    Vampires éblouis par de lubriques vestales,
    Égéries insatiables chevauchant des Walkyries,
    Infernal appétit de frénésie bacchanales
    Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie,
    Satyres joufflus, boucs émissaires, gargouilles émues, fières gorgones,
    Laissez ma couronne aux sorcières et mes chimères à la licorne.

    Soudain les arbres frissonnent
    Car Lucifer en personne
    Fait une courte apparition,
    L'air tellement accablé
    Qu'on lui donnerait volontiers
    Le Bon Dieu sans confession,
    S'il ne laissait, malicieux,
    Courir le bout de sa queue
    Devant ses yeux maléfiques
    Et ne se dressait d'un bond
    Dans un concert de jurons,
    Disant d'un ton pathétique
    Que les damnés obscènes
    Cyniques et corrompus
    Fassent griefs de leur peines
    À ceux qu'ils ont élus,
    Car devant tant de problèmes
    Et de malentendus
    Les dieux et les diables
    En sont venus à douter d'eux-mêmes
    (Dédain suprême).

    Mais, déjà, le ciel blanchit.
    Esprits, je vous remercie
    De m'avoir si bien reçu.
    Cocher, lugubre et bossu,
    déposez-moi au manoir
    Et lâchez ce crucifix
    Décrochez-moi ces gousses d'ail
    Qui déshonorent mon portail
    Et me chercher sans retard,
    l'ami qui soigne et guérit
    la folie qui m'accompagne
    Et jamais ne m'a trahi :
    Champagne...

    1979 - Monsieur Jacques Higelin