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    3/30/2006

    Jadentiz

    Jade me parle de son petit chéri à qui elle écrit des lettres pleines d'amour (et de fautes d'orthographe aussi...). Enzo n'a pas d'amoureuse (selon lui les filles sont trop pénibles parce qu'elles pleurent tout le temps). Tizia est bien pitchoune pour se soucier de tout ça (mais je souris en voyant sa tendresse envers le petit garçon avec lequel elle passe ses journée chez super-nounou).
     
    Mes enfants seront hétéro, bi, homo, chastes, ou que sais-je encore... et peut m'importe. Je les veux juste épanouis et heureux dans leur vie comme dans leur lit. Je ne les élève pas dans l'optique de faire d'eux de parfaits petits homos, et je regrette que certains puissent faire un amalgame entre ma propre sexualité et celle future de jadentiz. Il est évident que parfois je me demande combien j'aurais de gendres ou de belles filles mais cela uniquement dans une optique de projection dans l'avenir comme je peux faire pour plein de sujet.
     
    Et je sais qu'ils ont une chance que moi je n'ai pas eu étant ado (au moins une...) c'est que eux, ils se poseront au moins la question de leur préférence sexuelle avant de foncer tête baissée dans un schéma imposé.
     
    3/29/2006

    Acrostiche

    Mince, je me suis dit hier
    A l'ouverture de cette pop-up m'informant de ta venue...
     
    Suite à l'insistance d'une copine, tu as découvert msn
    Or tu n'en maîtrises pas l'utilisation
    Et tu m'as ajouté dans tes contacts
    Un peu perdue, tu m'as demandé comment faire
    Renseignements pris, c'est un truc qui te plait
    Et je sais que tu vas adorer
    Tu vas tomber sur mon blog
    Tu vas sans doute le lire
    Et j'appréhende ta réaction
     
    Alors j'ose espérer
    La compréhension de ce que j'écris
    Et surtout
    X.... (chut... dis rien à maman....)
     
     
    3/28/2006

    Lettre à France

    Il était une fois
    Toi et moi
    N’oublie jamais ça
    Toi et moi

    Depuis que je suis loin de toi
    Je suis comme loin de moi
    Et je pense à toi tout bas

    Tu es à six heures de moi
    Je suis à des années de toi
    C’est ça être là-bas
     
    La différence
    C’est ce silence
    Parfois au fond de moi

    Tu vis toujours au bord de l’eau
    Quelquefois dans les journaux
    Je te vois sur des photos

    Et moi loin de toi
    Je vis dans une boite à musique
    Electrique et fantastisque
    Je vis en Chimérique

    La différence
    C’est ce silence
    Parfois au fond de moi

    Tu n’es pas toujours la plus belle
    Et je te reste infidèle
    Mais qui peut dire l’avenir
    De nos souvenirs

    Oui, j’ai le mal de toi parfois
    Même si je ne le dis pas
    L’amour c’est fait de ça

    Il était une fois
    Toi et moi
    N’oublie jamais ça
    Toi et moi
     
    Depuis que je suis loin de toi
    Je suis comme loin de moi
    Et je pense à toi là-bas

    Oui j’ai le mal de toi parfois
    Mêm’ si je ne le dis pas
    Je pense à toi tout bas...


    J.L. Dabadie/M. Polnareff 1977
     
    ...
     
    3/27/2006

    Et pourtant c'est bon...

    Il y a 25 ans. 
    J'ai décidé de ne plus jamais manger de lapin... Parce que j'avais réalisé que ce que j'avais dans mon assiette le midi, cuisiné avec amour par ma grand'mère, c'était une 'tite boule de poil bien vivante à qui je donnais des carottes le matin même...
     
    Ce jour.
    J'ai eu le malheur de faire des côtes d'agneau... Pour me rendre compte que Jadentiz aime trop ses contes de la ferme en dvd pour imaginer manger ne serait-ce qu'une bouchée de mon plat, cuisiné avec amour...
     
    Autre époque, autre enfant, même réaction... 
     
    3/26/2006

    Clip

    Je l'ai enlevé de mon blog mais je ne veux pas en perdre le lien.
     
    L'histoire de 2 jeune garçons qui s'aiment, et qui n'en ont pas le droit... Sigur Rós - Vidrar Vel Til Loftárasa
     
    3/24/2006

    Dilemme

    - Oh vous avez divorcé! Mais vous êtes en couple, je vous vois souvent avec un homme. vous allez vous remariez??
     
    Bingo! La voisine indiscrète me tombe dessus à la sortie de l'école. Je lui dirai bien que "l'homme" en question est une femme, certes pas très féminine, mais une femme quand même; que oui je vis avec; et que non, on ne va pas se marier vu qu'en France on n'en a pas le droit... Mais je préfère éluder la question en criant "jade, enzo! on y va on est pressé!"
     
    Mais outre le fait d'être ma voisine elle est aussi la maman de la meilleure amie de Jade. Et j'ai toujours appris à Jade que ma "particularité" ne regardait personne, et que bien qu'elle n'avait en aucun cas à en avoir honte, elle n'était en rien obligée de dire à ses copines que je vis avec une femme. Et Jade n'a donc rien dit à Paula, dont la maman m'imagine bien évidement hétéro. Et je ne sais pas pourquoi, je pense qu'il est préférable pour les relations d'amitiés de Jade que cela reste secret. Je me retrouve donc prise au piège... Il vaut mieux pour ma fille que je cache ma situation. Or cacher ma situation est le meilleur moyen de faire penser aux autres que mon attirance pour les femmes est honteuse. Ne sachant comment réagir, je vais donc passer pour la malpolie du quartier et refuser d'aller boire un café chez la voisine. Mais je préfère encore cela... Je ne veux pas que ma fille ait à souffrir de mes choix, mais je refuse de faire croire que je n'ai pas fait le choix d'assumer.
     
    En trois ans, c'est la première fois que je me retrouve dans cette situation. La première et sans doute pas la dernière... Pour le bien de mes enfants... C'est ce que je me dis.
     
    3/23/2006

    Tata

    Enzo en spiderman, Jade en Scarlett O'Hara et Tizia en clown. Les déguisements choisis correspondent bien aux enfants. Le casse-cou, la précieuse et la pitre... Mon rôle de maman est l'organisation: trouver le masque d'Enzo, acheter le ruban de Jade, prévoir le maquillage de Tizia. Je ne serai pas là pour les habiller. Je ne serai pas là pour les emmener. Je ne serai pas là pour les voir défiler dans la rue. Mais je suis là pour décider avec eux du costume, des accessoires, des couleurs.
     
    J'ai changé, je culpabilise moins de ne pas être là. Et je me rend compte que ma présence est sans doute toute aussi importante que celle de super-nounou qui va assurer pour toutes les choses que je ne gère pas. Je suis Maman à plein temps, mais j'avoue n'occuper mon rôle qu'à temps partiel. Je m'en suis longtemps voulu. Aujourd'hui je vois que mon rôle de maman a aussi été d'être capable de trouver à Jadentiz une nounou digne de ce nom. Elle est mon double depuis bientôt 8 ans... Tata
     
    3/21/2006

    SMS et MSN

    Une page se tourne pour toi. Tous mes voeux pour le reste...
     
    Félicitations. A demain.
     
    Tu es une fille formidable.
     
    Bisous des 2 copines... Courage.
     
    On est le 21. J'ai pas oublié. Je pense à toi. Je t'embrasse.
     
    Je sais ce que tu vis pour l'avoir vécu. C'est que du bonheur après.
     
    ça va aller. je t'embrasse tendrement.
     
    Gare toi chez moi, on y va ensemble.
     
    ...
     
     
    Merci à tous.
     
     

    ça y est...

    Je me revois il y a 3 ans, hésitant à quitter mon mari pour cause d'homosexualité de peur de perdre la garde de mes enfants...
     
    Je me revois il y a 2 ans, lors de son déménagement, au tout début des premières discussions concernant le besoin de légaliser notre séparation...
     
    Je me revois il y a 1 an, craignant de recevoir un courrier en recommandé d'un avocat m'indiquant que le consentement mutuel était inconcevable...
     
    Et je me vois ce soir, fraîchement divorcée, suite à 3 heures d'attente dans un tribunal passées à rire avec lui et à parler de notre nouvelle vie à tous les deux, faisant un peu tache au milieu de tous ces couples qui n'échangeaient pas même un regard...
     
    Comme l'a dit Madame le Juge, nous sommes divorcés, au nom de la loi et de manière irrévocable...
     
    Une page est tournée...
     
     Frède 

    15.01.00 / 21.03.06

    Certains choisissent la classique marche nuptiale, d'autres une envie d'aimer plus moderne...
     
    Pour nous cela a été Polnareff au milieu de l'église (je vois encore les têtes choquées de ma mère et du témoin de mon mari...). Et le jour de mon divorce, j'aime toujours autant ce texte...
     
     
    On ira tous au paradis, même moi
    Qu'on soit béni ou qu'on soit maudit, on ira
    Tout'les bonn' soeurs et tous les voleurs
    Tout'les brebis et tous les bandits
    On ira tous au paradis

    On ira tous au paradis, mêm' moi
    Ou'on soit béni ou qu'on soit maudit, on ira
    Avec les saints et les assassins
    Les femmes du monde et puis les putains
    On ira tous au paradis

    Ne crois pas ce que les gens disent
    C'est ton coeur qui est la seule église
    Laiss'un peu de vague à ton âme
    N'aie pas peur de la couleur des flammes de l'enfer

    On ira tous au paradis, même moi
    Qu'on croie en Dieu ou qu'on n'y croie pas, on ira
    Qu'on ait fait le bien ou bien le mal
    On sera tous invités au bal
    On ira tous au paradis

    On ira tous au paradis, même moi
    Qu'on croie en Dieu ou qu'on n'y croie pas, on ira
    Avec les chrétiens, avec les païens
    Et même les chiens et même les requins
    On ira tous au paradis

    On ira tous au paradis, même moi
    Qu'on soit béni ou qu'on soit maudit, on ira
    Tout'les bonnes soeurs et tous les voleurs
    Tout'les brebis et tous les bandits
    On ira tous au paradis

    On ira tous au paradis, même moi
    Qu'on soit béni ou qu'on soit maudit, on ira
    Tout'les bonnes soeurs et tous les voleurs
    Tout'les brebis et tous les bandits
    On ira tous au paradis...

    On ira tous au paradis...
    Surtout moi
     
    (1972 - J.L. Dabadie - M. Polnareff)
     
     Frède 

    Un week end fabuleux

    Deux taxis: l'un conduit par une imposante femme noire mère de 4 enfants, l'autre avec un jeune chauffeur qui avait débuté la veille au soir et qui ne faisait que de dire "mon père dit toujours que..."
     
    Deux cafés: le premier sur la plus belle avenue du monde, avec un serveur bien contrarié de nous voir nous installer à 12, le second sur une petite terrasse avec le sourire d'une charmante serveuse contaminée par notre bonne humeur.
     
    Deux pièces de théâtre: l'une portée par une Balasko sublime à côté de laquelle ses partenaires semblaient bien fades, l'autre vivement emmenée par une troupe de 4 jeunes acteurs inconnus mais ô combien talentueux.
     
    Une rencontre: le plaisir de voir un enfant jouer et deux hommes surveillant leur fils tout en rêvant à leur futur projet, de l'amour plein les yeux...
     
    Une bonne nouvelle: l'annonce d'un mariage.
     
    Des centaines de marches montées, autant de redescendues.
     
    De grandes discussions face à un plan de métro.
     
    Un immense plateau de fruits de mer ou un sandwich en vitesse en salle d'embarquement.
     
    Un petit bistrot typique, un verre bu en tête-à-tête, avec les pensées qui vagabondent au gré des paroles de Brel en musique de fond.
     
    Des cars de CRS, des manifs entendues au loin et vues de prêts à la télé. 
     
    Beaucoup de rire, de photos, de complicité. Bien peu de sommeil, de repos, de temps... 
     
    Mes pensées sont encore confuses...
     
    Un week end fabuleux...
     
     Frède 
    3/16/2006

    De l'hypocrisie entre elle et moi

    Il y a deux choses qui nous relient. La première c'est l'amour que nous portons toutes les deux à une même troisième personne. La deuxième c'est la haine que nous nous portons mutuellement. Et pourtant, une gentillesse rare siège au milieu de nos relations.  
     
    Une trop grande franchise entre nous entraînerait un mal-être de notre amour commun. Alors entre sourire et salutations, nous dialoguons en toute courtoisie. Et pourtant je la hais, et je sais qu'elle me le rend bien.
     
    D'aucuns diront que c'est de l'hypocrisie. Et bien soit! Je l'assume... Tout en préférant malgré tout employer le terme diplomatie...
     
     Frède 
    3/14/2006

    Parfum

    Revoir sa vie par le simple pouvoir de fermer les yeux pour respirer intensement.
     
    Obsession porte si bien son nom. 
    1881 n'est plus qu'un lointain souvenir.
    Farheneit m'a donné la fièvre.
    Eau de Rochas me trempe.
    Drakkar Noir est la force de mon vikking.
    Poison m'a tuée.
    Kouros a un corps de rêve.
    Emporio a ruiné mon empire.
    Mont Blanc est un bloc de glace.
    Tocade est capricieuse.
    Le mâle m'a tant fait souffrir qu'il faut que je le redécouvre.
     
    Et moi...
     
    Ô moi je suis...
     
    Un ange...
     
    3/13/2006

    Chaque lettre...

    Je lui rappelle le goût qu'a un coca-cola, je lui remémore ce que c'est que faire une grasse matinée, je lui raconte mes balades en forêt, je lui explique mes soirées familiales avec les enfants...
    Je lui conte la Vie, qu'il n'a déjà plus; la Joie, qu'il a perdue; le Rire, qu'il ne connaît plus...
     
    Et lui me parle de ce grand pays que sont les U.S.A., sa culture et sa politique, sa bêtise et sa barbarie, son "god bless America" et sa loi du talion. Il me conte la bible avec une dévotion qui lui est venue en même temps qu'il a perdu sa liberté. Il me raconte de l'intérieur les évènements de sa prison que je suis de l'extérieur...
    Il m'apporte une ouverture sur la vie, car il en sait à présent toute la valeur...
     
    Mais à chaque fois savoir que les lettres que nous envoyons seront lues avant de parvenir à notre ami, et les recevoir en mauvais état, collées à l'enveloppe trop fortement pliée, ou déchirées dans un coin à cause d'une ouverture hâtive...
     
    3/11/2006

    Faute vs Secret...

    Elle a fouillé dans son fichier de client pour rechercher les adresses e-mail des personnes employées en organisations internationales et donc susceptibles de trouver à sa soeur un job bien rémunéré. Elle travaille dans un domaine nécessitant une discrétion à toute épreuve...
     
    Il a refusé de me donner la raison du regard dédaigneux qu'il lancait à un de mes copains, ne me livrant comme vague réponse à ma question qu'un simple "secret professionnel". Il travaille dans un casino, et je sais donc quelle est la nature de ce secret...
     
    Deux boulots, et deux manières de les concevoir...
    Deux discrétions professionelles à avoir, l'une échouant sur une faute , l'autre magnifiant un secret...
     
    Elle est une connaissance, il est mon ami. Ceci explique sans doute cela...
     
    3/9/2006

    Le comte chaud et doux des chaudoudoux

    (Pour S., N. et son papa)
     
    Il était une fois, dans des temps très anciens, des gens qui vivaient très heureux. Ils s'appelaient Timothée et Marguerite et avaient deux enfants, Charlotte et Valentin. Ils étaient très heureux et avaient beaucoup d'amis.
    Pour comprendre à quel point ils étaient heureux, il faut savoir comment on vivait à cette époque-là. Chaque enfant, à sa naissance, recevait un sac plein de chaudoudoux. Je ne peux pas dire combien il y en avait dans ce sac on ne pouvait pas les compter. Ils étaient inépuisables. Lorsqu'une personne mettait la main dans son sac, elle trouvait toujours un chaudoudoux. Les chaudoudoux étaient très appréciés. Chaque fois que quelqu'un en recevait un, il se sentait chaud et doux de partout.
    Ceux qui n'en avaient pas régulièrement finissaient par attraper mal au dos, puis ils se ratatinaient, parfois même en mourraient. En ce temps-là, c'était très facile de se procurer des chaudoudoux. Lorsque quelqu'un en avait envie, il s'approchait de toi et te demandait : " Je voudrais un chaudoudoux ". Tu plongeais alors la main dans ton sac pour en sortir un chaudoudou de la taille d'une main de petite fille.. Dès que le chaudoudoux voyait le jour, il commençait à sourire et à s'épanouir en un grand et moelleux chaudoudoux. Tu le posais alors sur l'épaule, la tête ou les genoux, et il se peletonnait câlineusement contre la peau en donnant des sensations chaleureuses et très agréables dans tout le corps.
    Les gens n'arrêtaient pas d'échanger des chaudoudoux. et, comme ils étaient gratuits, on pouvait en avoir autant que l'on en voulait. Du coup, presque tout le monde vivait heureux et se sentait chaud et doux.
    Je dis " presque ", car quelqu'un n'était pas content de voir les gens échanger des chaudoudoux. C'était la vilaine sorcière Belzépha. Elle était même très en colère. Les gens étaient tous si heureux que personne n'achetait plus ses philtres ni ses potions. Elle décida qu'il fallait que cela cesse et imagina un plan très méchant.
    Un beau matin, Belzépha s'approcha de Timothée et lui parla à l'oreille tandis qu'il regardait Marguerite et Charlotte jouer gaiement. Elle lui chuchota : " Vois-tu tous les chaudoudoux que Marguerite donne à Charlotte? Tu sais, si elle continue comme cela, il n'en restera plus pour toi ". Timothée s'étonna : Tu veux dire qu'il n'y aura plus de chaudoudoux dans notre sac chaque fois que l'on en voudra un? " " Absolument, répondit Belzépha. Quand il n'y en a plus, c'est fini ". Et elle s'envola en ricanant sur son balai. Timothée prit cela très au sérieux, et désormais, lorsque Marguerite faisait don d'un chaudoudoux à quelqu'un d'autre que lui, il avait peur qu'il ne lui en reste plus.
    Et si la sorcière avait raison? Il aimait beaucoup les chaudoudoux de Marguerite, et l'idée qu'il pourrait en manquer l'inquiétait profondément, et le mettait même en colère. Il se mit à la surveiller pour ne pas qu'elle gaspille les chaudoudoux et en distribue trop aux enfants ou à n'importe qui.
    Puis il se plaignit chaque fois que Marguerite donnait un chaudoudoux à quelqu'un d'autre que lui. Comme Marguerite l'aimait beaucoup, elle cessa d'offrir des chaudoudoux aux autres et garda pour lui tout seul. Les enfants voyaient tout cela, et ils pensaient que ce n'était vraiment pas bien de refuser des chaudoudoux à ceux qui vous en demandaient et en avaient envie. Mais eux aussi commencèrent à faire très attention à leurs chaudoudoux. Ils surveillaient leurs parents attentivement, et quand ils trouvaient qu'ils donnaient trop de chaudoudoux aux autres, ils s'en plaignaient. Ils étaient inquiets à l'idée que leurs parents gaspillent les chaudoudoux.
    La vie avait bien changé : Le plan diabolique de la sorcière marchait! Ils avaient beau trouver des chaudoudoux à chaque fois qu'ils plongeaient la main dans leur sac, ils le faisaient de moins en moins et devenaient à chaque jour plus avares. Bientôt tout le monde remarqua le manque de chaudoudoux, et tout le monde se sentit moins chaud et moins doux.
    Les gens s'arrêtèrent de sourire, d'être gentils, certains commencèrent à se ratatiner, parfois même ils mouraient du manque de chaudoudoux. Ils allaient de plus en plus souvent acheter des philtres et des potions à la sorcière. Ils savaient que cela ne servait à rien, mais ils n'avaient pas trouvé autre chose! La situation devint de plus en plus grave. Pourtant la vilaine Belzépha ne voulait pas que les gens meurent. Une fois morts, ils ne pouvaient plus rien lui acheter.
    Alors elle mit au point un nouveau plan. Elle distribua à chacun un sac qui ressemblait beaucoup à un sac des chaudoudoux, sauf qu'il était froid, alors que celui qui contenait les chaudoudoux était chaud. Dans ces sacs, Belzépha avait mis des froids-piquants. Ces froids-piquants ne rendaient pas ceux qui les recevaient chauds et doux, mais plutôt froids et hargneux. Cependant, c'était mieux que rien. Ils empêchaient les gens de se ratatiner. À partir de ce moment-là, lorsque quelqu'un disait : " Je voudrais un chaudoudoux ", ceux qui craignaient d'épuiser leur réserve de chaudoudoux répondaient : " Je ne peux pas vous donner un chaudoudoux, mais voulez-vous un froid-piquant? ".
    Parfois, deux personnes se rencontraient en pensant qu'elles allaient s'offrir des chaudoudoux, mais l'une changeait soudain d'avis, et finalement elles se donnaient des froids-piquants. Dorénavant, les gens mourraient presque plus, mais la plupart étaient malheureux, avaient froid et étaient hargneux. La vie devint encore plus difficile : Les chaudoudoux qui au début étaient disponibles comme l'air que l'on respire, devinrent de plus en plus rares. Les gens auraient fait n'importe quoi pour en obtenir.
    Avant l'arrivée de la sorcière, ils se réunissaient souvent par petits groupes pour échanger des chaudoudoux, se faire plaisir sans compter, sans se soucier de qui offrait ou recevait le plus de chaudoudoux. Depuis le plan de Belzépha, ils restaient par deux et gardaient les chaudoudoux l'un pour l'autre. Quand ils se trompaient en offrant un chaudoudoux à une autre personne, ils se sentaient coupable, sachant que leur partenaire souffrirait du manque.
    Ceux qui ne trouvaient personne pour leur faire don de chaudoudoux étaient obligés de les acheter et devaient travailler de longues heures pour les gagner.
    Les chaudoudoux étaient devenus si rares que certains prenaient des froids-piquants qui, eux, étaient innombrables et gratuits. Ils les recouvraient de plumes un peu douces pour cacher les piquants et les faisaient passer pour des chaudoudoux. Mais ces faux chaudoudoux compliquaient la situation. Par exemple, quand deux personnes se rencontraient et échangeaient des faux chaudoudoux, elles s'attendaient à ressentir une douce chaleur et s'en réjouissaient à l'avance et, au lieu de cela, elles se sentaient très mal. Comme elles croyaient s'être donné de vrais chaudoudoux, plus personne n'y comprenait rien!
    Évidemment comment comprendre que ses sensations désagréables étaient provoqués par les froids-piquants déguisés en faux chaudoudoux? La vie était bien triste! Timothée se souvenait que tout avait commencé quand Belzépha leur avait fait croire qu'un jour où ils s'y attendraient pas, ils trouveraient leurs sacs de chaudoudoux désespérément vides.
    Mais écoutez ce qui se passa. Une jeune femme gaie et épanouie, aux formes généreuses, arriva alors dans ce triste pays. Elle semblait ne jamais avoir entendu parler de la méchante sorcière et distribuait des chaudoudoux en abondance sans crainte d'en manquer. Elle en offrait gratuitement, même sans qu'on lui en demande. Les gens l'appelèrent Julie doudoux. Mais certains la désapprouvèrent parce qu'elle apprenait aux enfants à donner des chaudoudoux sans avoir peur d'en manquer.
    Les enfants l'aimaient beaucoup parce qu'ils se sentaient bien avec elle. Eux aussi commencèrent à distribuer à nouveau des chaudoudoux comme ils en avaient envie. Les grandes personnes étaient inquiètes et décidèrent de passer une loi pour protéger les enfants et les empêcher de gaspiller leurs chaudoudoux.
    Malgré cette loi, beaucoup d'enfants continuèrent à échanger des chaudoudoux chaque fois qu'ils en avaient envie et qu'on leur en demandait. Et comme il y avait beaucoup d'enfants, beaucoup d'enfants, presque au temps que les grandes personnes, il semblait que les enfants allaient gagner. À présent, on ne sait pas encore comment çà va finir
    Est-ce que les grandes personnes, avec leur loi, vont arrêter l'insouciance des enfants? Vont-elles se décider à suivre l'exemple de la jeune femme et les enfants et prendre le risque en supposant qu'il y aura toujours autant de chaudoudoux que l'on voudra? Se souviendront-elles des jours heureux que leurs enfants veulent retrouver, du temps où les chaudoudoux existaient en abondance parce qu'on les donnait sans compter?

    Claude Steiner

     

    3/8/2006

    L'horreur

    Il me manque un enfant... Ma vie défile et je manque de défaillir. Je me rue sur le téléphone.
     
    Elle n'est pas rentrée à la maison. Elle est partie de chez la nourrice il y a une demi-heure. Mais c'est juste 50 mètres à faire, 3 minutes de marche à pied, une rue à longer où tout le monde la connaît. Juste quelques pas... quelques pas qui aurait pu la mener direct en enfer...
     
    Partir à sa recherche... Et faire le tour des garages, caves et champs alentours, imaginant déjà le pire, allant jusqu'à soulever les couvercles des poubelles... La rechercher en titubant, en hoquetant, en pleurant. Sans aucune autre idée en tête que son prénom qu'on hurle...
     
    Une heure... Cela aura duré une heure avant qu'elle ne rentre, désolée de m'avoir fait autant de soucis alors qu'un simple quiproquo lui avait fait comprendre qu'elle devait m'attendre au magasin au coin de la rue... Une heure à l'imaginer entre les mains d'un pervers et à se sentir sombrer dans la folie.
     
    Et une vie à se rendre compte de son bonheur, et penser à ceux qui n'ont pas cette chance.
     
     
    3/7/2006

    Tizia

    Si on a le malheur de croiser une personne dans la rue qui lui semble avoir une mauvaise tête. Elle se plante au milieu du trottoir, les bras en croix, les jambes écartées, pour bloquer le passage du haut de son petit mètre avec un NON bien autoritaire comme elle sait si bien faire... Elle mange comme 4, se sert seule dans le frigo alors même qu'on se demande comment elle fait pour en ouvrir la porte.... Elle nous fait mourir de rire au quotidien, quand elle nous dispute à grand renfort de "j'vais tout dire à Papa/Mamy/Tata" car Jade a osé lui refuser un jeu, ou parce qu'on lui demande de ranger sa chambre. Elle est capable de partir dans des délires de langage que nous avons encore bien du mal à déchiffrer. Et elle saute de joie quand elle voit des invités à la maison en allant chercher son verre en plastique rose pour trinquer. Avec sa frimousse d'ange et ses bouclettes blondes, elle se sait avoir un charme fou et en use, et en abuse. 
     
    J'ai rencontré Belle alors qu'elle avait 3 mois. Elle a maintenant 3 ans et n'a jamais connu un schéma familial classique d'un père et d'une mère. Elle est une petite fille drôle, vive, gaie, gentille, jolie et... équilibrée, ma fille. N'en déplaise aux voisins qui regardent d'un air condescendent la grande famille que nous formons.
     
    3/3/2006

    Appelez moi bonne poire.

    Le dernier contrat que nous avons gagné se déroule de manière catastrophique... Un retard considérable dans la livraison va sans nul doute nous faire perdre le client qui nous sauvait de la liquidation... On est donc reparti avec un sursis de 3 mois avant la fermeture de la boite. 
     
    La nouveauté étant que je bosse le soir (et là je regrette d'avoir un pc à la maison), je ne m'arrête plus entre midi et deux (finis les déjeuners au saint emilion), je ne regarde plus mes heures sup' (sinon c'est la syncope assurée), je vais bientôt oublier la notion de week end (comme cette fois où en sortant de boite un dimanche matin à 6 heures, je suis passée au bureau) et... je dois râler pour toucher mon salaire...
     
    La continuité étant ma difficulté à identifier clairement le comportement de mon boss. Va falloir que je détermine si c'est juste du charme (ah... le compliment du matin quand il rentre dans le bureau) ou si on vire dans le harcèlement sexuel (à la 25ème invitation à diner, je me pose quelques questions...)
     
    Faut pas chercher... j'adore mon job! Mais j'voudrais quand même bien éviter que la fin de l'histoire soit de me retrouver au chomage avec un amant.
     
    Frède
    3/2/2006

    A.

    C'est l'histoire d'une histoire d'amour, ta première histoire d'amour. Mais la première de combien?? Alors même que tu as en exemple les générations qui te précèdent pour qui il n'y a eu qu'un amour, le seul, l'unique, celui qui dure toute la vie... tu as voulu y croire, que cet amour d'ado serait celui de ton age adulte, celui de ta vieillesse. Cela ne sera pas le cas. Je ne vais pas te dire que tu l'oublieras, parce que ce n'est pas vrai, parce que ni ton coeur ni ton corps ne seront jamais plus jamais pareil après son passage. Il restera toujours au fond de toi ce souvenir d'abord douloureux, puis nostalgique. Mais un jour viendra ou ce sera un souvenir heureux, sans doute le jour ou on fera un "iglu" à ton mariage...
     
    23 Avril 2005 tu as écris un texte, juste là...
    Presque un an plus tard, je t'ai lu et j'ai eu envie de te répondre... En m'en voulant aussi un peu beaucoup de ne pas avoir senti ton mal être à l'époque. Parce que tu es un peu ma fille, un peu ma petite soeur et que beaucoup je t'aime.